Sorti en 2013, Deadlight fait un retour en force sur PS4, PC, Xbox One et smartphone avec sa Director’s Cut. Si la « hype » zombie n’est plus aussi virulente que durant ces dernières années, force est tout de même de reconnaître qu’une certaine fascination demeure face à cette chair ambulante tout droit sortie de l’imagination roméroiste. Finalement, cette Director’s Cut vient à point nommé, permettant d’assurer la dose qu’il manquait aux fans de zombies attendant leur prochaine livraison d’êtres pestiférés dans la septième saison de The Walking Dead. Le petit bébé de Tequila Works s’octroie ainsi une seconde jeunesse avec un 1080p et des optimisations tout à fait louables, le tout pour redonner un peu de verni à un titre d’action/survie qui n’a que peu ou prou perdu de sa saveur. Pourtant, si Deadlight : Director’s Cut permet de (re)découvrir un jeu vraiment réussi, l’intérêt en lui-même d’une telle version nous taraude toujours…

 

En 1986, à Seattle, une maladie infectieuse a frappé la population qui s’est peu à peu transformée en « ombres » (moyen pour ne pas dire zombies), décimant une grosse partie de l’Humanité. Dans ce contexte, les quelques très rares survivants tentent de rester en vie par tous les moyens. Parmi ceux-là, un certain Wayne Randall ancien garde-forestier parvenu à échapper au pire grâce à son excellente condition physique et à quelques collègues qui auront su lui prêter main forte. Séparé de sa femme et de sa fille, l’homme fera tout pour traverser une ville en ruine peuplée d’êtres pestiférés pour un dénouement qu’on pourrait espérer heureux. C’est dans une ambiance oppressante que nous allons devoir évoluer en tâchant d’éviter la mort qui se cache à chaque coin des tableaux qui défileront. Prudence et réflexion seront vos deux armes principales dans l’aventure qui vous attend.

 

 La batcave de Randall Wayne

 

Les apparences sont trompeuses. Malgré le gabarit imposant de notre avatar, Randall n’est pas du genre à la confrontation directe avec les hordes de zombies qui l’attendent bien sagement. Le parti pris est d’ailleurs assez étonnant, puisqu’on associe bien aisément les amateurs de zombies à des jeux ultra-violents où le principe unique se limite à tronçonner, taillader ou écraser ces monstres. D’une part en raison de leur animosité à votre égard, ces bougres ne se lassent jamais de vous courir après et d’encaisser la plupart de vos coups sans broncher. D’autre part parce qu’ils sont souvent assez nombreux et que se dépêtrer d’une horde est une tâche particulièrement ardue. Par conséquent, le jeu nous fait vite comprendre que Randall devra passer le plus clair de son temps à fuir et à faire usage de ses talents d’acrobate pour profiter d’un level design particulièrement vertical. Évidemment, le principe n’est pas de prendre sans cesse les jambes à son cou, puisque vous serez confronté régulièrement à des énigmes, des interactions, parfois de l’action dans laquelle l’usage de la hache et de l’arme à feu seront d’une utilité sine qua non. Le tout sera ponctué régulièrement de cut-scenes et de dialogues, imagés par des cinématiques en dessins. À plus d’un titre, Deadlight Director’s Cut ne tarit pas d’une comparaison avec un certain Prince of Persia des années 1980, que l’on aurait volontairement imbriqué dans du post-apo. L’agilité et l’habileté de notre protagoniste, dans sa façon d’escalader, de grimper, de glisser etc. rappelle à d’aucuns égards le prince de Perse dans l’accessibilité et la maniabilité à faire mouvoir notre avatar.

 

1467298056-5663-capture-d-ecranNotre progression est aussi jonchée de petits objets à découvrir (tels que des photographies, des cartes d’identité, des notes de journal…), des équipements divers qui vous permettront de varier les approches mais aussi d’affronter des difficultés supérieures par un level design plus technique. Enfin, et évidemment, des énigmes à résoudre. Pas bien transcendantes, puisqu’il s’agira très souvent d’interrupteurs à atteindre ou d’éléments à déplacer, les énigmes ne sont pas la qualité principale du soft. De même, si le scénario est loin d’être du Nolan en raison de sa simplicité, force est de constater qu’un travail non-négligeable a été apporté au background qui favorise une immersion totale dans cet univers. Le travail narratif autour de Randall est notamment une vraie réussite, loin du cliché du survivant bourru prenant son pied à démembrer des morts-vivants. Car derrière le physique de bûcheron se cache un père de famille et un mari aimant particulièrement sensible. On trouvera notamment un certain plaisir à lire son journal de bord qui fourmille de détails et de richesse sur son passé. En complément de ces récits, s’ajoute des séquences étonnantes qui dénotent de l’ensemble du jeu, comme des passages plus « relâchés » où Randall a des visions, ou lorsque celui-ci est poursuivi par un hélicoptère sur les toits des gratte-ciels. Deadlight est un jeu toujours aussi accrocheur et ses trois ans d’âge n’ont en rien altéré ses qualités. Et le lifting graphique en 1080p rend cette expérience d’autant plus agréable, favorisant des décors encore plus léchés et des animations retravaillées, permettant de se plonger sans retenue dans ce monde en 2.5D. Mais comme tout portage ne voulant pas aller au-delà de l’upgrade graphique, les défauts majeurs restent toujours bel et bien présents, notamment les sauts imprécis.

 

Un portage qui manque d’ambition

 

1467298045-7858-capture-d-ecranException faite sur la partie visuelle, le contenu inédit s’avère vraiment très chiche. Ceux qui s’attendaient à de grosses nouveautés et des ajouts qui auraient innové le jeu peuvent aller se rhabiller. Faisant fi de tout ça, les développeurs se sont bêtement contentés d’ajouter une difficulté supérieure (Cauchemar) pour compenser l’absence de challenge, n’ajoutant aucun contenu ni chapitre supplémentaires à l’expérience de base de 2013. Fainéant, me direz-vous. Fainéant semble même être un euphémisme, puisque ce qui nous avait été présenté comme la nouveauté incroyable de cette Director’s Cut, à savoir le mode Survie, est d’un ennui effarant. Une véritable déception liée au manque d’ambition qui suinte à chaque endroit de cette remasterisation. Car, le mode survie se contente bêtement de vous proposer de survivre le plus longtemps possible à des vagues de zombies dans une seule et unique map, un hôpital. Si encore la map avait été grande, on serait éventuellement passé outre. Or, celle-ci est vraiment petite et manque totalement d’inspiration. Pas assez dense pour prolonger l’expérience de jeu, on ressortira de ce mode-ci avec une furieuse impression d’amertume. On se consolera alors avec les quelques bonus inédits tels que des artworks ou des vidéos sur le développement du jeu, ou trois mini-jeux d’arcade vite oubliés… Puis, le jeu finira au placard. Dommage.

 



 

En conclusion

5/10
Pour

+ Un level design impeccable
+ L'ambiance oppressante à souhait
+ Une narration soignée
+ Des mécaniques toujours efficaces
+ Rythmé et varié
+ Un 1080p bienvenu

Contre

- Un portage paresseux
- Expéditif
- Les sauts toujours aussi imprécis
- Le mode Survie anecdotique
- Un ensemble très chiche
- Les défauts majeurs non corrigés
- Pas de vraies nouveautés

Deadlight : Director's Cut est avant tout destiné à ceux qui n'auraient pas joué à la version de 2013. Avec des mécaniques bien rodées et efficaces, le jeu original n'a pas pris une ride. Malheureusement, le contenu très maigre en raison d'un portage très paresseux n'aura pas de quoi ravir tout le monde. Le lifting en 1080p ne légitime pas un achat de cette envergure pour les joueurs de 2013.