Il nous vient d’une galaxie lointaine, très lointaine. Désormais, il initie l’atterrissage dans notre ludothèque PS4 pour faire vivre une expérience hors-du-commun. Nous parlons bien évidemment de No Man’s Sky, le dernier né du petit studio Hello Games (à l’origine de la licence Joe Dangers). Les développeurs se sont lancés à la conquête de l’univers grâce à un moteur procédural permettant de générer aléatoirement des milliards et des milliards de planètes différentes. De quoi laisser allègrement au joueur la possibilité de découverte, le tout dans une ambiance SF à mi-chemin entre Destiny et Star Wars. Un cocktail exploration-aventure-survie-crafting décapant et innovant qui ne laissera personne de marbre. Explications.

 

Le parti pris de Hello Games dans la conception narrative du jeu est assimilée dès la première minute de jeu. Sans cut-scene ni cinématique, No Man’s Sky nous plonge sur une planète inconnue tandis que notre vaisseau en rade nécessite quelques réparations. Vous l’aurez compris, pas de fioritures scénaristiques ni extravagantes cinématiques : vous êtes le narrateur de votre propre histoire. Une conception bac-à-sable qui est loin d’être un défaut, car l’immensité du jeu prête indéniablement du cachet à la liberté du joueur. Il faudra dès lors se débrouiller par ses propres moyens avec un tutorial très discret pour ne pas dire absent. Seul une petite indication vous appelle à rejoindre le centre de l’univers où vous attend une surprise. Comptez bien une heure avant de pouvoir enfin embarquer dans votre vaisseau et explorer le confin de l’univers.

 

Hello l’univers, ici la Terre

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Sans le moindre doute, le titre de Hello Games emprunte énormément à d’autres titres, digère ces inspirations, pour réaliser un concept novateur et soigné. On devinera sans aucun doute les références à Out There et aux autres jeux basés sur l’exploration spatiale telle que la licence Elite Dangerous, mais aussi à Destiny dans l’ergonomie de l’interface et du design de l’ATH. Le premier constat est que ces ensembles marchent très bien ensemble et génèrent une ambiance unique, renforcée par une atmosphère pittoresque et immersive. Graphiquement, cependant, pas de quoi vous décrocher la mâchoire. Nous pourrions très facilement retrouver une telle technique dans un jeu de l’ancienne génération. Fort heureusement, la direction artistique vient contrebalancer ce constat avec des plans carte-postale et une identité graphique très épurée. Une volonté identitaire qui risque de ne pas plaire à tout le monde mais qui a nécessairement de nombreux adeptes.

 

1471010321-9151-capture-d-ecranLe tout est renforcé par un générateur procédural qui vient piocher dans les éléments du jeu pour former des faunes, des flores et des planètes uniques à chaque partie. Le joueur n’a pas moins et pas plus de 18, 446, 744, 073, 551, 616 planètes aux biomes relativement variées à découvrir. D’un astre à l’autre, les planètes présentent des conditions de vie très différentes : entre la radioactivité, le froid glacial atteignant – 100°, ou le radical opposé par la chaleur, etc, vous devrez vous lever très tôt pour finir l’intégralité de votre exploration. Est-ce que cela marche ? Évidemment, et avec une prouesse qui aurait de quoi scotcher un incollable du genre. On prendra un plaisir non dissimulé à explorer, découvrir, renommer et partager nos découvertes avec le reste de la communauté, le tout depuis le menu des options. Nous prendrons aisément nos marques au bout de plusieurs heures, et après avoir repris notre respiration devant cette immensité pesante. Chaque nouvel astre nous met une baffe avec brio par sa diversité. Il faudra alors étudier les conditions de vie sur les planètes, et mettre en œuvre vos capacités de naturaliste pour amasser un maximum d’unités en revendant vos découvertes. Une légère déception demeure tout de même dans la variation à l’intérieur d’une planète même. En effet, on se contente à peu de choses de refaire les mêmes choses dans des décors trop similaires d’un bout à l’autre d’une même planète. Pas de quoi non plus fouetter un chat, mais suffisamment pour retenir notre attention dans ce test.

 

Vers l’infini et au-delà

 

1471012158-7177-capture-d-ecranPour autant, l’exploration est sur un piédestal : elle est non seulement encouragée, mais aussi récompensée. Elle est la base de No Man’s Sky : chaque planète découverte, espèce, flore, ou point de passage vous rapporte des unités (monnaie du jeu). À cela s’ajoutent sur chaque planète des « missions » dans des bases, des monolithes, des stations spatiales etc. pour découvrir de nouvelles technologies, des améliorations, des épaves de vaisseaux et tant d’autres choses encore. Il y a toujours quelque chose à offrir en matière d’exploration. Jusque dans l’interaction avec d’autres espèces extraterrestres, même si elle reste réduite. Tout au long de votre périple, vous pourrez rencontrer différentes races, où il sera possible d’échanger brièvement selon que vous maîtrisez leur dialecte ou non. Indéniablement, on peut se prendre sans aucun problème au jeu et ainsi à errer plusieurs heures sur certaines planètes, et ce sans s’en lasser, toujours à la recherche d’un meilleur équipement ou meilleur vaisseau.

 

Les biomes et la topographie en jettent aussi, émerveillant vos petits yeux d’étoiles. On saluera par exemple la beauté des profondeurs marines, dont la flore et la faune aquatiques accompagneront vos plongées, le tout sous des effets de lumière très réussis pour une ambiance aux petits oignons. N’oublions pas les grottes non plus, regorgeant de champignons extraterrestres et de cristaux luisants, projetant leurs reflets rouges contre les parois et illuminant à la manière des mosaïques un lieu communément glauque et sombre.

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Des promesses qui restent à être tenues

 

1470916068-5376-capture-d-ecranÉvidemment, soyons honnêtes, tout n’est pas blanc et parfait sur le papier, et nous sommes encore assez éloignés de ce qui avait été annoncé dans les trailers. Il faut croire que l’équipe de Sean Murray a eu les yeux plus gros le ventre et force est aussi de constater que le titre est sorti trop tôt. Hello Games a en effet promis des mises à jour qui amélioreront drastiquement la qualité et l’expérience de jeu. En particulièrement, la faune demeure LA grosse déception du jeu. Se contentant d’errer sans but, sans une moindre interaction possible avec le joueur, et n’apportant rien de particulier (que ce soit ressources ou éléments particuliers). De ce point de vue, on nous avait promis un paquebot, on nous a donné un pédalo. L’écosystème cohérent est aux abonnés absents, la chaîne alimentaire n’existe pas, bref, on attend que tout ceci soit corrigé au plus vite. Il n’en reste pas moins, derrière notre vilaine morgue, qu’il est plus que louable de voir une équipe de 13 développeurs s’atteler d’une main de fer à rendre l’expérience de No Man’s Sky meilleure encore.

 

On pourra être frustré du manque d’activité sur les astres, même si les tempêtes, le cycle jour/nuit et la météo changeront légèrement l’ambiance ou mettront un tantinet en péril les systèmes de survie du joueur : on aurait aimé plus de vie à la surface comme dans l’espace. En effet, une fois l’atmosphère traversée (sans chargements), on se retrouve dans l’espace, libre de se rendre sur d’autres planètes ou stations grâce aux différents modes de propulsion, upgradables par la suite.Des cargos sortent d’hyper-espace sous vos yeux, des pirates les attaquent générant des mini-quêtes de protection spatiale. Bref, une vie artificielle se met rapidement en place au gré de scripts d’apparition et d’activité générés autour du joueur solo. On est un peu loin de l’implication miroitée par les trailers, encore une fois, mais le tout se tient et motive l’aventurier à explorer, marchander, combattre et crafter pour se rapprocher du graal.

 

Voyage au centre de l’univers

 

1470916046-3219-capture-d-ecranVotre progression n’est pas uniquement célébrée par une avancée dans les galaxies jusque dans le centre de l’univers. Elle est aussi ponctuée par un enrichissement de vos équipements, à savoir votre exo-combinaison (qui vous permet, entre autres, de survivre sur des planètes où le commun des mortels serait mort à la première seconde), votre multi-outil (qui porte bien son nom, à savoir qu’il peut à la fois extraire les ressources, creuser, ou encore servir d’armes à feu), et votre vaisseau. Les plans nécessaires au craft sont obtenus dans votre exploration, en faisant un bon choix dans les interactions avec les autres espèces, ou grâce aux épaves de vaisseaux. C’est une course à l’armement incroyablement stimulante et qui évite de se lasser trop vite, car il y a toujours du nouveau à découvrir. On notera néanmoins une interface ergonomisée pour le PC, laissant la console au rôle de second plan avec un curseur pas toujours des plus optimisés. De même qu’on regrettera un inventaire beaucoup trop petit face à l’immensité et la richesse des ressources à découvrir, obligeant bien trop souvent à faire des demi-tours pour revendre nos cargaisons ou carrément à supprimer des ressources… Un peu gênant pour un jeu où le crating a une place importante.

 


 

Notre vidéo-test du jeu

 


 

En conclusion

/10
Pour

Contre