La Wii U quitte la scène !

Alexandre dans Jeux-Vidéo le 11/02/2017

À l’heure où tous les commentateurs ne parlent plus que de la Switch, beaucoup ne regardent même plus son impopulaire grande soeur : la Wii U.

 

Toujours sur la corde raide sans jamais réellement tomber, cette console a fait couler plus d’encre que de billets. Bien que le pari fût risqué Nintendo n’a jamais laissé tomber sa machine même à ses heures les plus sombres.

 

En guise d’au revoir et pour saluer sa mémoire, déroulons ensemble ce que nous retiendrons de la console au Gamepad.

 

Un concept innovant mais incompris !

Autour de 2010 l’écran tactile était une valeur sûre, l’avènement des smartphones et des tablettes laissaient entendre que cette fine couche interactive était un Saint Graal technologique. Avec le succès de la DS, Big N ne doutait pas une seconde que l’intégration d’un second écran serait un véritable argument pour les joueurs préférant rester dans leur salon. Nous vulgarisons un peu ici la démarche(sans la critiquer), mais c’est ainsi que le Gamepad a vu le jour.

 

Lors de la présentation de cette nouvelle console, mais surtout de cette nouvelle « Manette » les critiques étaient déjà très mitigés. La question n’était pas de savoir si Nintendo avait eu raison ou non d’incorporer cette innovation, mais le doute planait autour des éditeurs tiers et leur capacité à imaginer un gameplay en phase avec cette nouvelle façon de jouer.

 

À première vue, ce système n’offrait que des avantages : un nouveau moyen de visionner l’inventaire, la map, avoir un angle de vision différent, des actions synchronisées et surtout la possibilité de jouer directement sur cette extension de la console sans utiliser la télévision. Rappelez-vous cette présentation à l’E3 2011 :

 

 

Malgré ce bel argumentaire, la magie n’opère pas. Mal expliquée ou mal comprise, la Wii U est victime de ce Gamepad qui fait son originalité. Les éditeurs tiers ne suivent pas et seules les licences de la firme japonaise viendront enrichir le catalogue.

 

Certains diront que le jeu n’en valait pas la chandelle, mais faisons taire ces terre-à-terre qui ne pensent qu’à la puissance, la force de Nintendo réside dans ses idées parfois clivantes qui font de la Wii U un « échec culte » contrairement à d’autres qui restent des « échecs cuisants ».

 

Un problème de marketing évident !

Nintendo est une société aux talents multiples, mais la communication n’est clairement pas son fort. Souvent renfermée sur elle-même, elle a tendance à garder ses fans à distance. Volonté réelle ou manque de méthode, le fait est que la firme japonaise semble souvent nichée en haut d’une tour d’ivoire sans regarder le monde qui l’acclame. Bien que son histoire démontre que cet état d’esprit n’est pas un obstacle au succès, elle en a payé les frais avec la Wii U.

 

En effet, l’effort pédagogique autour du Gamepad était tout juste assumé. Peu de démonstrations, peu d’explications, peu de vidéos, peu de prescripteurs, peu de démos, trop de « peu » qui ont fait naître beaucoup de carences en matière de communication autour d’un concept qui méritait bien plus.

 

Autre malaise pour les joueurs, le nom même de l’engin : Wii U. Pour beaucoup, il s’agissait seulement d’une « amélioration » de la fameuse Wii existante. Il faut dire qu’à l’inverse des autres constructeurs comme Sony, Nintendo ne joue pas la carte de l’évolution de la machine, mais part du principe que chacune d’entre elles est différente. Pour exemple, la Playstation passe de la numéro un à la deux, puis à la trois et ainsi de suite. Alors qu’il n’y a aucun lien de corrélation entre la Nintendo 64 et la Game Cube par exemple. Sony c’est l’évolution, Nintendo c’est la création. Et c’est là que le bât blesse, la Wii U n’apparait pas comme une création avec une identité propre, mais bien comme une vague chimère de ce que la Wii aurait pu devenir ou de ce qu’elle aurait dû être. D’un point de vu design, nous sommes dans la même impasse, aucune Nintendo ne se ressemble, alors que la Wii et la Wii U semblent avoir partagé le même moule. Elle reste donc dans l’ombre de sa soeur immensément populaire.

En voulant capitaliser et surfer sur la vague qui a fait le succès de la marque « Wii », Nintendo est passé à côté de l’essentiel : écouter les besoins de ses joueurs. La Wii U restera dans les archives des stratégies marketing mal exécutées avec lesquels il ne faudra plus composer.

 

Link et Samus n’ont pas embarqué !

La dernière chose que l’on retiendra de cette console mal aimée, c’est l’absence de jeux fédérateurs. Pas de « véritable » Mario, un Zelda repoussé jusqu’à la Switch et une Samus totalement absente. Ces jeux cultes et indispensables à l’essor des consoles Nintendo n’ont pas pointé le bout de leurs nez. Des titres alternatifs comme Hyrule Warriors ou New Super Mario Bros ont tenté de faire le job, mais cela ne remplace pas un Ocarina Of time ou Metroid Prime. Elle restera, par ailleurs, la seule console de chez Nintendo a ne pas avoir son propre titre de la Saga Zelda ». De plus, les rééditions à répétition (Twilight Princess, Wind Waker, etc.) ont terminé de donner le sentiment que même entre les murs de Big N plus personne ne misait sur la Wii U. Les possibilités étaient là, Nintendo les a laissées là et elles resteront là.

 

 

Que dire sur l’histoire de la Wii U ? Cette console semble être une phase de test entre la Wii et la Switch. Elle a manqué de soutien, mais reste toutefois un bel essai. Elle nous rappelle, par moment, les déboires de la Game Cube. Laissons désormais cette brave machine prendre sa retraite, elle qui n’a cessé de se battre pour prouver sa légitimité. Bien qu’elle ne trônera pas au panthéon des consoles cultes, elle restera un bon souvenir et la preuve que seul Nintendo prend des risques sur un marché qui a trop tendance à se standardiser.

 

 

 

 

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