Après nous avoir fait rêver sur PS4 avec Marvel’s Spider-Man sorti en 2018, Insomniac Games réitère le succès pour la toute nouvelle console de Sony. Le stand-alone Marvel’s Spider-Man : Miles Morales est le fer de lance de la line-up du constructeur nippon, et il compte bien exploiter la puissance de la PS5 pour offrir une aventure aussi intense que jolie. Alors, pari réussi pour l’acolyte de Peter Paker ?

Plusieurs informations à savoir avant d’entrer dans le vif du test : Marvel’s Spider-Man – Miles Morales est la suite directe du Spider-Man sorti sur PS4 en 2018. Il ne s’agit pas d’un DLC et il est donc tout à fait possible de mettre la main sur le jeu sans avoir joué au jeu principal. Néanmoins, il est vivement conseillé d’avoir terminé le jeu originel pour bien comprendre les enjeux du titre. Il est possible aussi de consulter un résumé vidéo du premier opus, proposé en début de jeu, pour ceux qui n’auraient pas l’envie ou le temps de découvrir le jeu de 2018. Nous serons contraints de spoiler légèrement Marvel’s Spider-Man 2018 pour expliquer le postulat de ce Miles Morales.

Un stand-alone qui se déroule 2 ans après les événements du jeu de 2018

Spoilers sur la fin de Spider-Man de 2018 : Alors qu’il n’avait que 15 ans au moment des événements de Marvel’s Spider-Man, Miles Morales prend du galon. Après avoir été piqué par une araignée des laboratoires Oscorp, le jeune adolescent finit par montrer ses pouvoirs à Peter Parker à la fin du jeu, qui décide aussitôt de le prendre sous son aile. Cette formation apparaît ponctuellement dans les DLC du titre de 2018.

À 17 ans, Miles devient le pendant adolescent de l’iconique homme-araignée et sera le personnage principal de ce stand-alone. Après avoir échoué dans une mission, Peter Parker décide de se reposer et de partir accompagner Marie-Jane Watson dans un de ses reportages en Europe. Voyant que son apprenti a bien grandi et a gagné en puissance, notamment avec la découverte de ses pouvoirs bioélectriques, Spider-Man lui confie la protection de Manhattan en son absence. Bien évidemment, cela ne sera pas de tout repos, puisqu’un groupe armé aux revendications écologistes, l’Underground, entre en guerre contre l’industrie Roxxon, qui développe un réacteur permettant d’alimenter en électricité l’intégralité de la région en cachant les effets néfastes de cette technologie.

Un scénario un peu convenu réhaussé par une mise en scène impeccable

Point de vue scénario, les habitués des comics et de l’univers de Spider-Man ne seront pas dépaysés. Reprenant à grands traits les inspirations de tout le lore de la licence, Marvel’s Spider-Man : Miles Morales part d’un postulat assez convenu. Les personnages qui gravitent autour de Miles sont peu nombreux et notre araignée n’aura à affronter que deux super-vilains, un étant déjà apparu dans le jeu de 2018, et un nouvel antagoniste déjà présent dans les comics. Du début à la fin, le scénario est cousu de fil de blanc et les afficionados pourront anticiper certains twists ou événements avant qu’ils n’apparaissent. Malgré les situations convenues, force est de reconnaître la réalisation et la mise en scène impeccables du titre. Taillé au cordeau tant dans la mise en scène que dans les effets spéciaux, Marvel’s Spider-Man : Miles Morales offre des scènes dynamiques et intenses, tout droit sorties des réalisations cinématographiques du MCU. En témoigne la scène d’introduction du jeu, qui s’étend sur près de 30 minutes, et qui montre immédiatement que le titre n’aura aucun temps mort.

Marvel’s Spider-Man : Miles Morales trouve donc de l’intérêt dans son art cinématographique et sa dimension familiale, non pour son scénario qui risque de peu surprendre le joueur. Il est à noter néanmoins que ce titre semble davantage se positionner comme un épisode de transition vers un futur gros jeu Spider-Man. Tant dans les quêtes secondaires que dans les quêtes principales, le jeu pose de nombreux jalons et annonce de futurs super-vilains et enjeux qui surviendront sans aucun doute dans une suite plus ambitieuse. Plus modeste en l’espèce, Marvel’s Spider-Man : Miles Morales semble davantage servir à introduire le personnage de Miles, désormais devenu un second homme-araignée.

Entre déjà-vus et innovations

Le sentiment le plus gênant, en mettant les mains dans ce Marvel’s Spider-Man : Miles Morales, reste néanmoins celui de déjà-vu. La map est en effet identique à celle du jeu de 2018. On reste donc cantonné à Manhattan et l’on ne pourra pas explorer de nouveaux quartiers de New-York. Cela étant dit, la ville arbore son pelage d’hiver : les rues sont enneigées, les magasins et les parcs sont couverts de décorations de Noël. Hélas, cela ne va pas plus loin. Les activités restent peu ou prou similaires à celles du titre sorti en 2018 : en outre, il faudra récupérer des collectibles éparpillés un peu partout dans la ville, défaire des bases, accomplir des défis… Tout ceci nous fait acquérir des jetons qui permettront d’améliorer nos gadgets et de confectionner de nouvelles tenues. Rien de nouveau sous le soleil d’hiver, donc, mais cela reste toujours aussi plaisant, même en 2020. Le système de combat classique reste inchangé, avec toujours les mêmes touches pour esquiver, attaquer, entoiler, etc. Restant d’une redoutable efficacité et surtout d’une grande fluidité, le Gameplay aurait néanmoins pu être apprécié avec plus d’innovations.

Côté nouveautés, on trouvera de tout nouveaux pouvoirs. En premier lieu, contrairement à son homologue Peter Parker, Miles Morales dispose de pouvoirs bioélectriques. En réalisant des coups, des combos, ou des figures acrobatiques, notre personnage charge son énergie bioélectrique et peut ensuite activer des attaques spéciales. D’une simple pression sur la touche L1, notre jeune araignée se met à briller, et il suffit ensuite d’appuyer sur les différentes touches analogiques pour réaliser une technique spéciale (chaque touche ayant une technique associée). En évoluant dans l’aventure, notre super-héros débloquera de nouvelles techniques bioélectriques qui s’adapteront aux différents types d’ennemis. Cela permet de varier le Gameplay et d’offrir de nouvelles possibilités d’approche. Outre cela, l’infiltration a été grandement améliorée, notamment avec la technique d’invisibilité de Miles.

Une difficulté plus équilibrée

Marvel’s Spider-Man de 2018 nous avait habitué à une difficulté en dents-de-scie, nous confrontant parfois à des situations particulièrement ardues. Miles Morales reste un jeu exigeant, mais s’avère plus équilibré en matière de difficultés pour être plus familial. Bien sûr, il y aura du challenge, et il sera toujours possible de régler la difficulté allant de très facile à très difficile (Ultime). Mais même avec le mode de difficulté médian, certains passages seront légèrement corsés, notamment face à des ennemis de l’Underground lourdement armés et équipés spécialement pour lutter contre l’araignée. Il est conseillé au joueur de ne pas tracer en ligne droite l’aventure et d’accomplir quelques quêtes annexes pour renforcer son équipement s’il veut s’en sortir plus loin dans la quête principale. Pour cela, une application a été créée directement dans le jeu, « L’Araignée sympa du quartier », espèce de réseau social dans lequel on pourra consulter les demandes des citoyens mais aussi lire les messages de vos fans. C’est anecdotique, mais plutôt sympa. Sachez enfin qu’il sera possible de refaire le jeu en New Game + pour débloquer de nouvelles tenues et finir de débloquer toutes les compétences de votre personnage.

Un jeu next-gen ?

On ne saurait enfin conclure ce test sans aborder les points techniques du jeu. Première chose à savoir : les temps de chargement sont infinis réduits. Grâce à la technologie de la nouvelle PS5, on pourra utiliser les déplacements rapides en toute facilité, avec moins d’1 seconde de chargement pour passer d’un lieu à un autre. Côté graphismes, deux options s’offrent au joueur : le mode fidèle, qui permet de jouer en 4K avec Ray-Tracing en 30 FPS (d’une stabilité impeccable, y compris lorsque les effets apparaissent nombreux à l’écran), ou fluide, en 4K/60 FPS mais sans Ray-Tracing et avec moins de détails. Le choix dépendra de vos préférences personnelles : le 60 FPS rend le jeu particulièrement fluide et renforce l’aspect dynamique du titre. Le Ray-Tracing reste encore anecdotique, mais renforce la beauté du titre.

En conclusion

7/10
Pour
  • Un Gameplay toujours efficace...
  • Une mise en scène impeccable
  • Les pouvoirs bioélectriques de Miles
  • Excellente VF
  • Une durée de vie honnête (10-12h)
  • La direction artistique hivernale réussie
  • Visuellement joli
  • Un épisode transitoire qui pose les jalons d'une vraie suite
Contre
  • ... Mais qui manque de vraies innovations
  • Un scénario cousu de fil blanc
  • Cela manque de boss et de super-vilains
  • Un sentiment de déjà-vu

Malgré son scénario convenu et un ensemble somme toute classique, Marvel's Spider-Man : Miles Morales reste un titre très agréable et solide dans ses bases. Conservant tout ce qui faisait le succès du titre de 2018, ce stand-alone se positionne avant tout comme un épisode de transition vers une vraie suite plus ambitieuse. L'expérience reste néanmoins très agréable, avec une mise en scène et une réalisation irréprochables qui raviront petits et grands. Fluide, dynamique et intense, le plaisir de jeu est renforcé par une aventure soignée qui ne prend pas de vrais risques mais surtout par le sentiment de puissance généré par les pouvoirs bioélectriques de Miles. Ceux qui auront apprécié le titre de 2018 trouveront là un incontournable pour compléter leur expérience. Pour résumer, Spider-Man : Miles Morales est un bon jeu qui permet de se faire les mains sur la PS5 sans être trop dépaysé.