7 ans. Il aura fallu attendre 7 ans avant de pouvoir profiter de The Last of Us Part II, la suite d’un des jeux les plus marquants de la précédente génération de consoles. Les talentueux développeurs de chez Naughty Dog ont choisi de prendre leur temps afin de réussir une suite qui soit au moins à la hauteur de ce qu’en attendaient les fans. Le chef-d’œuvre qu’était The Last of Us a effectivement laissé un héritage et surtout des personnages complexes et réussis particulièrement appréciés par des millions de joueurs. Le risque d’en faire une partie II relève d’abord de l’anéantissement ou de la déconstruction de certains jalons posés par le jeu de 2013. Le défi était donc de réussir à fournir une suite qui puisse à la fois offrir une toute nouvelle expérience, sans pour autant balayer d’un revers de la main ce qui a pu faire le succès du premier volet de la licence. Alors, pari réussi ? Réponse dans ce test.

Avant-propos : The Last of Us Part II s’inscrit dans la droite lignée du premier opus. Il s’agit d’un jeu narratif où la mise en scène autant que les rebondissements participent grandement à l’expérience du joueur. Pour ne pas gâcher une partie de cette expérience, notre test est garanti sans spoil sur l’histoire et le déroulement du jeu. Il s’agit d’une contrainte très restrictive, car un gros élément du scénario fait varier considérablement l’approche du jeu et ouvre une variation dans le Gameplay. Néanmoins, nous ferons abstraction volontairement de certains éléments pour laisser l’authenticité et la surprise au joueur qui n’a pas encore mis les mains sur le jeu. Néanmoins, nous serons contraints de spoiler sur la fin du premier volet pour contextualiser cette suite.

The Last of Us : retour sur le premier opus qui a marqué la génération PS3

The Last of Us Part II marque d’emblée par ses paysages sublimes et son sens du détail

The Last of Us voit le jour en juin 2013 en tant que cadeau d’adieu de Naughty Dog à la console PS3. Et quel cadeau d’adieu ! Il s’agit sans doute d’un des titres vidéoludiques qui a complètement bouleversé les standards de l’époque en nous offrant une aventure narrative à forte inspiration cinématographique. On pouvait aisément y retrouver l’empreinte des Fils de l’Homme, La Route ou encore Je suis une Légende. Animé par l’envie de nous raconter l’histoire poignante de la relation entre Joel et Ellie, Naughty Dog nous a offert un monde post-apocalyptique où la nature a largement repris les droits sur l’Homme au travers de superbes paysages où la flore sauvage a conquis les vestiges d’une civilisation moderne disparue. Réussite à tous les points de vue, le jeu s’est conclu sur une note douce-amère et surtout sur le mensonge de Joel à sa fille adoptive, condamnant l’Humanité par la même occasion en lui refusant la possibilité de créer un vaccin. Car Ellie est en effet un personnage pas comme les autres : immunisée contre le Cordyceps, le champignon qui s’empare des être humains pour les transformer en infectés, elle était la lueur d’espoir et la solution pour créer un remède contre l’infection. Seulement, ce vaccin aurait causé sa mort. Chose que n’a pas pu accepter Joel, et qui a décidé de la sauver contre son gré, et laissant sur son sillage bon nombre de cadavres de soldats mais aussi d’innocents.

The Last of Us, dirigé par Neil Druckmann aidé par la scénariste Halley Gross, nous a fourni un jeu d’une rare justesse narrative à la fois dans la crédibilité de son univers et dans la relation qui évolue entre Ellie et Joel, les deux protagonistes principaux de ce premier volet. Le joueur a appris avec Joel à apprécier cette jeune fille et s’est rapidement attaché à ce duo qui a forgé en grande partie, sans doute, le succès du jeu. The Last of Us Part II se déroule ainsi quatre ans après les événements du premier opus. On retrouve bien sûr Ellie et Joel. Le joueur y découvre comment se déroule leur vie à Jackson Ville (qu’on a déjà eu l’occasion de visiter brièvement en 2013). Cette suite s’attache donc à nous faire comprendre le parcours d’Ellie et Joel au travers de ce qui s’est passé en quatre ans, tout en introduisant un tout nouvel antagoniste, à savoir Abby.

Une aventure forte et poétique qui s’éloigne de la facilité manichéenne

L’ambiance du jeu est immersive et joint parfaitement l’horreur avec la beauté d’une apocalypse verte

The Last of Us premier du nom l’avait déjà fait avec brio à l’époque, Part II continue sur cette lancée avec une approche plus viscérale encore. Bien évidemment, le titre nous offre toujours un univers dépaysant où horreur et beauté se côtoient sans dissonance. Carcasses de buildings recouverts de feuillages, anciennes villes devenues de véritables territoires tropicaux, rivières qui parcourent les centres-villes… L’univers de The Last of Us Part II est à la fois réaliste et enchanteur, avec une apocalypse verte qui nous laisse toujours des paysages magnifiques à contempler. Et même si l’effet de surprise n’est plus là, le bonheur de replonger sept ans après dans ce monde post-apocalyptique parvient à nous happer une seconde fois dans cet univers au background riche, perfectionné par des notes et des documents qui nous en apprennent davantage sur la vie d’autres survivants.

Le titre alterne ainsi entre moments présents et moments passés, où l’on revient sur les quatre années avant les événements de cette suite. Le duo Ellie/Joel est bien sûr de retour, au travers de moments émouvants mais aussi terrifiants, puisque cette relation est bien entendue marquée par le sceau du mensonge de Joel à Ellie. À ce principal casting s’ajoutent de nouveaux personnages, parmi lesquels Jesse et Dina. Ces derniers auraient cependant mérité un meilleur approfondissement, particulièrement le personnage de Jesse, qui s’avère assez plat et un peu en arrière-plan par rapport à Ellie, Joel ou encore Tommy. D’un point de vue purement scénaristique, la première chose à savoir est que The Last of Us Part II est assurément clivant. En choisissant une approche narrative qui s’éloigne très largement de ce qu’avait pu tracer le premier volet, Naughty Dog prend le risque de perdre certains fans. On ne peut cependant que saluer le courage des scénaristes qui ont choisi un chemin qui n’est pas celui de la facilité.

La relation entre Ellie et Dina ressemble parfois trop à un teen-movie

Si le DLC Left Behind avait déjà abordé de manière discrète la question de la sexualité, Part II ne fait cependant pas dans la dentelle et nous amène une certaine dose LGBT qui, parfois trop insistante, pourra sembler lourde ou sur-développée. La relation entre Ellie et Dina est certes intéressante pour mieux comprendre l’évolution du personnage d’Ellie, mais elle s’apparente parfois trop à une forme de teen-movie vue par des personnes d’une autre génération (drogue, dialogues un peu conventionnels et clichés…). En tous les cas, ce n’est pas là où Naughty Dog a le plus excellé.

Là où Naughty Dog, c’est dans l’aventure éprouvante et viscérale dans laquelle le joueur est embarqué. De ce point de vue-ci, le pitch peut paraître bateau. Le thème de la vengeance est prédominant, mais est en réalité plus un prétexte pour aborder l’histoire et l’évolution des personnages, mais aussi le regard que le joueur peut porter sur eux. En effet, on a plusieurs fois été surpris de changer radicalement d’opinion sur tel ou tel personnage après plusieurs heures de jeu, et à revoir notre jugement porté sur un ou plusieurs antagonistes. La force de la narration repose en effet sur le conflit entre Ellie et Abby, deux personnages qui n’auront de cesse d’évoluer et qui s’avèrent en réalité les deux faces d’une même médaille. Ainsi, à l’aune de la trajectoire de la vengeance d’Ellie se traduit la quête de rédemption d’Abby. Le message porté est très fort et s’achève par un final poignant qui ne manquera pas de laisser le joueur en pleine réflexion sur cette aventure palpitante. Car le jeu est loin de faire dans le manichéisme, et les ennemis ne sont pas de la simple chaire à canon qu’on doit désosser. On arrive ainsi à avoir des remords dans certaines de nos actions, remords renforcés par l’Intelligence Artificielle des ennemis qui n’hésitent pas à éclater en pleurs et à nommer la personne que l’on vient de tuer.

Un post-apocalyptique réaliste à couper le souffle

The Last of Us Part II nous fait voyager dans des environnements plus variés et plus ouverts qu’avant

Avec cette Part II, Naughty Dog fournit à la PS4 l’un, si ce n’est le plus beau jeu de la console de Sony. On passe ainsi de paysages semi ouverts où l’exploration est sublimée par des décors majestueux, à des zones plus claustrophobiques et obscures. Le tout est porté par une lumière hallucinante qui nous embarque immédiatement dans ces endroits aussi divers que variés. De ce point de vue, The Last of Us Part II est bien plus éclectique que le premier. On alterne ainsi pêle-mêle entre montagnes enneigées, décors tropicaux, ville recouverte de plantes, sous-sols poisseux, et même décor de plages et d’Ouest américain. Bref, on voyage et on est porté par ces nombreux environnements chargés en détails donnant une âme et quelque chose de vivant à tout cet univers.

En sus des décors, un soin tout particulier a été apporté aux animations faciales qui bénéficient d’un réalisme saisissant. Les visages changent en fonction des actions portées. Du visage de la douleur lors d’un étranglement, au visage enjoué face à la beauté d’un paysage… Tout a été étudié pour rendre le titre encore plus réaliste et immersif qu’avant. Cette technique sert à renforcer la narration et à mieux s’identifier ou ressentir de l’empathie pour les personnages, y compris ceux qui ne sont pas centraux. Ce réalisme force le doute sur le bien fondé de certaines de nos actions et de la violence qui se dégage de certaines scènes. Les animations de mouvement ne sont pas en reste non plus, même si certaines peuvent paraître légèrement rigides (notamment les sauts). Néanmoins, la plupart des actions sont d’une fluidité et d’un réalisme impeccables (enjambement de barrière, course, rechargement…). Le souci du détail qui anime le jeu ne nous sort que rarement voire jamais du jeu.

La plupart des cut-scenes sont d’une redoutable justesse, entre les dialogues et la VF très réussie

Le tout est bien sûr cimenté par des cut-scenes d’une rare crédibilité, portées par une bande son et une VF magistrales avec des comédiens de doublage de haut vol. Là encore, le jeu fait fort car la VF est tout bonnement incroyable et rien ne dénote dans les sessions de dialogues. Nous sommes portés par l’histoire sans jamais en sortir, et c’est notamment grâce au gros travail fait par le DA (Jean-Philippe Brière) et les acteurs français (Cyrille Monge pour Joel, Adeline Chetail pour Ellie, Audrey Sourdive pour Abby). Un énorme oui, donc, pour tout ce qui relève de la bande son, et en particulier pour les musiques de Gustavo Santaolalla qui parviennent à rythmer les différentes phases du jeu.

Une impression de déjà-vu ?

Violent, viscéral et intense, les mécaniques de Gameplay peinent cependant à réellement innover par rapport au premier opus

L’effet de surprise manette en main, cependant, n’est plus vraiment là. Car The Last of Us Part II reprend peu ou prou les mécaniques de Gameplay du premier opus. Certes, celui-ci est efficace, mais aurait gagné à innover et à être plus audacieux. Hormis la possibilité de pouvoir s’allonger et d’utiliser les différents éléments du décor pour se dissimuler (comme dans les hautes herbes, les véhicules, ou encore les lits), le reste des mécaniques n’ont guère été modifiées. Le système de craft est toujours présent : on pourra en outre fabriquer de nouveaux objets à partir de ressources trouvées en farfouillant un peu partout dans les zones que nous explorons. De nouvelles armes sont également présentes, et on laissera au joueur le soin de les découvrir. Du reste, le jeu reste dans l’action/infiltration/survie, avec néanmoins plus d’approches possibles grâce aux terrains de jeu proposant de nombreux chemins différents, offrant des stratégies diverses pour mener à bien son projet. Les phases de Gameplay gagnent également en verticalité, notamment dans des zones en building où les approches peuvent être abordées en hauteur ou dans des accès surélevés. La possibilité de se glisser entre de petites ouvertures ou des fentes favorisent également l’infiltration. Enfin, les compagnons qui viendront nous soutenir durant notre périple ont gagné en crédibilité : ils n’hésitent pas à venir nous aider lors d’un affrontement, et ne sont plus invisibles aux yeux des ennemis. Leurs déplacements sont plus étudiés, et ils peuvent même parfois se faire repérer par les ennemis.

Les combats au corps-à-corps ont été améliorés et sont particulièrement réussis

La véritable refonte vient néanmoins des phases d’action au corps-à-corps. Très simple et pourtant très efficace, le gameplay au corps-à-corps se limite à deux touches : L1 pour esquiver un coup et carré pour contre-attaquer. Vous pourrez vous équiper de différents outils de corps-à-corps pour venir plus facilement à bout de vos ennemis. Néanmoins, ces derniers ont une durée de vie limitée et cassent très rapidement au bout de quelques coups. Le feeling des armes à feu a quant à lui gagné en réalisme, et chaque arme a ses propres avantages et inconvénients (temps de rechargement, dégâts, précision…). Comme pour le premier opus, il sera possible d’améliorer ses armes dans des établis grâce à des boulons que vous trouverez un peu partout en explorant les maps. Dans un même ordre d’idée, vous pourrez toujours améliorer votre personnage en ramassant des antalgiques et débloquer ainsi différents atouts. Nouveauté cependant : vous ne débloquerez des branches d’amélioration qu’en trouvant certains manuels dissimulés un peu partout dans le jeu. Par exemple, vous ne pourrez augmenter le taux d’efficacité de vos soins que si vous trouvez le manuel de survie. Il en est de même pour certaines armes, que vous pourrez débloquer en farfouillant dans des zones ouvertes du jeu.

On pourra toujours améliorer ses équipements dans un établi grâce aux boulons récupérés en explorant les environnements

L’une des grosses nouveautés de ce Part II est en effet la possibilité de voyager dans des zones beaucoup plus grandes et ouvertes. Cela avait déjà été fait partiellement avec Uncharted 4, mais le concept atteint désormais son paroxysme dans ce jeu. Vous arriverez ainsi dans de nombreuses zones particulièrement grandes où vous pourrez trouver des formes de quêtes secondaires. L’exploration est toujours récompensée par des nouvelles armes, des ressources, des équipements et des manuels qui vous seront d’une grande aide pour la suite de votre aventure. L’autre nouveauté est la possibilité de voir se faire confronter infectés et miliciens. Vous pouvez ainsi jouer sur les bruits (comme envoyer une bouteille ou une brique dans une direction) pour attirer des infectés en direction des humains. Ces derniers, d’ailleurs, bénéficient d’une IA convaincante mais imparfaite. Si les dialogues et les comportements sont assez crédibles en général, certaines situations ont parfois de quoi nous dérouter. Par exemple, il nous est arrivé de tirer sur un ennemi, de courir devant un autre soldat, et d’aller nous cacher dans des hautes herbes sous son nez, et disparaître complètement à leurs yeux.

L’infiltration gagne en intérêt aussi. D’abord parce que les ressources, à partir du niveau de difficulté « Difficile », sont assez rares et qu’il faut savoir les économiser. Ensuite, parce que l’IA des ennemis est plus travaillée qu’avant : vous serez ainsi visible pour n’importe quel ennemi tant que vous êtes dans son champ de vision, même si ce dernier se trouve à l’autre bout de la map. Ces derniers sont aussi plus retors, puisqu’ils n’hésiteront pas à vous encercler et vous acculer lors des gunfights, vous obligeant sans cesse à vous déplacer et éviter de vous faire camper sur une position. S’ajoutent également les chiens de garde, qui peuvent sentir votre odeur et vous retracer dans vos déplacements. Les affrontements sont toujours aussi violents, voire davantage, avec une gestion de la physique particulièrement gore. En fonction de la trajectoire de vos balles, vous pourrez ainsi arracher un bras, la moitié d’un visage, une jambe… Le tout est certes réaliste, cela peut être grisant, mais aussi choquer certains joueurs. De ce point de vue, il est toujours possible de désactiver le sang et le gore dans les options du jeu.

On regrettera cependant que certains patterns de gros ennemis, notamment certains boss, soient trop faciles à analyser, rendant les affrontements moins difficiles. Le jeu est, de manière assez surprenante, plus facile que le premier. Il est vivement conseillé de débuter le jeu en mode de difficulté « Difficile » minimum pour avoir un vrai ressenti de survie. Une fois le titre terminé, il sera d’ailleurs toujours possible de le recommencer en New Game +. Vous pourrez ainsi recommencer l’aventure avec l’ensemble des armes, documents, ressources et améliorations que vous avez pu débloquer lors de votre première partie. Le titre est véritablement généreux et nous propose une aventure qui durera au minimum 25 heures, et jusqu’à 30 heures si vous choisissez de prendre votre temps et d’explorer. Comptez le double si vous souhaitez amorcer une nouvelle partie +.

Un jeu qui souffre trop la comparaison avec le premier opus ?

The Last of Us Part II souffre d’un gros désavantage : celui de devoir être comparé avec sa première partie. Pourtant, Naughty Dog l’a rappelé : il s’agit d’une toute nouvelle expérience et une toute nouvelle histoire à découvrir. Il ne faut donc pas aborder ce second volet en le plaquant sur ce qu’avait fait son prédécesseur. Le défi qu’a souhaité relever le studio de développement est d’offrir une réelle nouvelle aventure avec un nouveau thème et de nouveaux personnages à découvrir. Le titre ne doit pas non plus être étudié pour son scénario principal, tout comme ce fut le cas pour le premier opus. Le scénario est davantage une volonté de nous livrer l’histoire et le parcours de deux protagonistes, et voir leur évolution après certains de leurs actes. Tout comme la partie I de The Last of Us utilisait le prétexte du voyage vers Salt Lake City pour nous raconter l’histoire et la relation entre Ellie et Joel, ce Part II est un prétexte pour nous offrir une leçon sur la vengeance et sur l’évolution de ses personnages. Plus qu’un simple jeu, The Last of Us Part II est une ode au voyage, à la découverte, et à la rencontre de nouveaux visages qui ne laissent pas indemne.

En conclusion

8/10
Pour
  • Un univers plus réaliste que jamais
  • Des graphismes à couper le souffle
  • Des environnements plus variés
  • Un level-design plus vertical et plus réussi
  • La VF et le sound-design sublimes
  • Les musiques discrètes et efficaces
  • L'écriture de certains personnages
  • Une excellente durée de vie
  • Des prises de risque assumées
  • La justesse de certains dialogues
Contre
  • Un Gameplay efficace, mais qui peine à innover vraiment
  • Une introduction un peu longue au démarrage
  • Un pitch principal peut-être un peu trop classique (et trop prétexte ?)
  • Certaines facilités scénaristiques ou autres sujets occultés (immunité d'Ellie, certains personnages secondaires sous-exploités...)
  • La relation Ellie/Dina un peu trop "teen-movie" qui est bien loin d'être à la hauteur de la relation Ellie/Joel

The Last of Us premier du nom avait été l'un des chefs-d'oeuvre de la génération précédente. Il était assez dur de parvenir à en faire une suite sans dénaturer peut-être certains éléments et héritages laissés par ce premier opus. Naughty Dog a pris beaucoup de risques et a choisi une orientation certes clivante, mais en tous les cas plus intéressante qu'une voie d'autoroute à laquelle on aurait pu s'attendre. Cette prise de risque ne plaira pas à tous. Mais The Last of Us Part II reste au demeurant un excellent jeu narratif et de survival-horror, notamment en raison de son ambiance, de ses décors, de ses dialogues, et de certains personnages auxquels on ne peut ressentir que de l'empathie. C'est une aventure éprouvante, parfois démoralisante, à coup sûr violente, mais le tout est ponctué de phases plus poétiques et émouvantes, justement dosées pour permettre au joueur de reprendre son souffle. Bien plus viscéral et intense que le premier opus, The Last of Us Part II choisit le thème de la haine, de la vengeance et de la rédemption là où le premier avait choisi le thème de la paternité et de l'amour. Il s'agit donc d'un deuxième volet (pour un futur triptyque ?) où le joueur apprend à connaître la haine après avoir connu l'amour. On ne sort pas de cette expérience indemne, tant certains événements sont durs psychologiquement et visuellement. Beaucoup d'éléments surprennent pour leur imprévisibilité, et jamais autant on ne s'est senti en danger pour nos personnages. The Last of Us Part II est donc l'épisode du risque, de l'audace aussi, mais ne plaira pas forcément à tous ceux qui ont pu apprécier le premier épisode de la licence.