Paru sur PC en 1995, Flight of the Amazon Queen profite d’un retour en force du genre Point n’Click à l’ancienne pour se redonner une couleur. Un (léger) lifting pour un portage sur l’App Store qui n’est pas sans déplaire aux fans des jeux old-school. Ne tournons pas autour du pot, le jeu se destine avant tout aux nostalgiques du jeu-vidéo d’un ancien temps, les nouveaux joueurs n’ayant qu’une place très mince dans le public visé par ce portage.

 

Une ambiance et un pitch qui n’ont pas perdu de leurs saveurs

 

screen01Dès les premières minutes de jeu, le joueur est plongé dans un univers feutré et coloré, empli d’humour. Dans la veine des fleurons de chez Lucasarts, les petits développeurs de MojoTouch ont réussi à préserver plus de vingt ans après une ambiance décapante qui marque l’identité du soft. Il s’agit de résumer sommairement pour ceux qui n’auraient pas pu découvrir le jeu sur PC : dans les années 40, Joe King est propriétaire d’un bimoteur surnommé « l’Amazon Queen ». Louant ses services de pilote à de richissimes passagers, il voyage au bout du monde à bord de ce bel engin selon les désirs de ses hôtes. Et il se trouve que King vient de décrocher un contrat très alléchant avec Faye Russel, une actrice célèbre d’Hollywood. Il doit en effet l’amener en Amazonie où elle doit se rendre pour le tournage de son prochain film. Mais un rival peu scrupuleux sabote le véhicule qui finit par s’écraser en pleine forêt amazonienne peuplée à la fois d’une faune et d’une flore pour le moins exotique et désirant causer pas mal de torts aux protagonistes.

 

Entre une actrice très capricieuse et dandy, un mécanicien qui préfère sauver ses comic-books plutôt que les réserves de nourriture et un savant fou nazi à fort accent germanique qui tente de transformer les femmes en dinosaures (et puis pourquoi pas ?), Joe King devra tout à la fois ramener sa cliente à bon port pour toucher son contrat, aider les tribus amazones à s’émanciper, et arrêter les projets nazis d’une domination mondiale. King réfléchira à deux fois la prochaine fois avant de convoyer des actrices à l’autre bout de la planète !

Vous l’aurez compris, le pitch pas piqué des hannetons cède très rapidement sa place à des situations rocambolesques, des dialogues débordant d’humour et une aventure pour le moins haletante.

 

Un coup de vieux

 

Force est de constater que le scénario, gros point positif du jeu, ne parvient hélas pas à outrepasser l’aspect daté du soft. Sur de nombreux aspect, Flight of the Amazon Queen 20th Anniversary Edition a pris un coup de vieux qui déplaira immédiatement les non-adeptes des jeux old-school.

 

screen02Si le titre présente de beaux paysages exotiques, le pixel art ne bénéficie que d’un lifting paresseux. D’autant qu’en 1995, les critiques avaient déjà pesté contre des graphismes plutôt pauvres, moins travaillés qu’un Monkey Island II ou Fate of Atlantis, sortis pourtant quatre et deux ans plus tôt. Les plans visuels, déjà classiques pour l’époque, et les animations très limitées, n’arrangent en rien ce constat. Les développeurs de MojoTouch ont parié sur un capital sympathie au détriment d’un aspect visuel très pauvre et qui se confirme toujours dans ce portage.

À cela s’ajoutent des petites musiques répétitives et insipides, certes dans l’esprit old-school du jeu, qui restent en tête. Le joueur finira tôt ou tard par couper le son tant elles deviennent énervantes. Cependant, les doublages (uniquement en anglais, sous-titré en français) restent appréciables même si l’implication des doubleurs n’est parfois pas au rendez-vous.

 

Une jouabilité perdue en Amazonie

 

screen04Plus problématique, le gameplay plutôt lourd du soft devient parfois rageant sur l’écran tactile du téléphone. À commencer par une interface, pas des plus pratiques, qui aurait pu bénéficier de plus de soin et de polish pour le portage. Le côté intuitif du genre Point n’Click passe vite à la trappe en raison de la maniabilité tactile qui a tendance à buger ou à ne pas reconnaître le doigté subtil du joueur. En effet, toutes les actions sont représentées par des symboles : que ce soit durant les dialogues ou durant les actions. Ainsi, il faudra appuyer sur le bouton question en haut à droite de l’écran pour montrer toutes les interactions. Lorsqu’on maintient le doigt sur l’une d’elles, vous pourrez la « regarder » pour mieux comprendre son fonctionnement, et il faudra dès lors tapoter sur la barre des verbes en bas de l’écran pour exécuter une autre action. Il faut un certain temps d’adaptation avant de comprendre les mécaniques d’interaction. Le joueur fera très facilement une action par erreur. Une option « old-school » dans les paramètres permet cependant d’utiliser votre doigt comme un curseur de souris. Mais on ne saura que trop vous la déconseiller tant cette option est très mal intégrée au système de l’iPhone/iPod.

 

Quant aux énigmes, on déplorera qu’elles soient assez classiques voire éculées en raison de l’ancienneté du soft. Même un non-habitué du Point n’Click comprendra très vite que la corde en surbrillance qui pendouille dans le décor servira à vous faire franchir un fossé. Ou que des écriteaux dans un mur sont à analyser pour comprendre un code permettant l’ouverture d’une porte. Bref, rien de bien transcendant, et l’aventure, durant quelques heures, est très vite bouclée.

En conclusion

/10
Pour

Contre