Qu’on adore ou qu’on déteste, Call Of Duty est et restera à jamais l’un des phénomènes du jeu vidéo de ce siècle. Avec des millions de fans à travers le monde de toutes catégories, il est impossible de nier que, malgré les critiques pas forcément flatteuses, chaque sortie d’un épisode se transforme en évènement mondial. Remplissant comme jamais les magasins de tout un tas de joueurs, impossible d’ignorer cette saga au succès ô combien démesuré.

Comment créer l’engouement

Cela fait maintenant quelques années que les fans de la saga hurlent de colère contre Activison. En effet, la maison éditrice avait renouvelé sur une assez longue période, tout un tas d’épisode centrés sur un univers chaque fois plus futuriste. Au départ apprécié par certains au nom du renouveau, ce sont ces deux dernières années qui auront sonnées le glas de cette période avec deux jeux amèrement reçus, et qu’importe les qualités qu’ils pouvaient apporter. Suite à cela Activision marqua le coup et surprit les fans du jeu en annonçant pour cette année, un chapitre de l’épopée Call Of revenant à l’une des grandes périodes indémodables : la seconde guerre mondiale. Si dire que le public fût d’office conquis est un euphémisme, rester toutefois vigilent l’était d’autant plus, et pour cause. Avec ce retour publicitaire en force, Activision aura très rapidement sût masquer toutes remises en questions même sur la qualité de ses jeux. De ce jour, on entendait alors plus que parler de la période fétiche des fans, et plus des attentes des joueurs.

Un pas en avant, deux pas en arrière

Nous commençons alors logiquement (?) l’aventure Call Of Duty par son mode campagne, le scénario que propose ce jeu. Pour le coup, le combo Activison et Sledgehammer aura frappé sur un ton plutôt juste en ayant décidé pour cet épisode tant attendu de traiter la fraternité des soldats au sein des nouvelles recrues. Nous incarnons donc principalement le soldat Daniels, un jeune garçon enrôlé par l’armée pour combattre les forces nazis et libérer la France de la puissance Hitlérienne. Nous débutons donc, forcément, le jeu pendant le débarquement, un niveau bourré d’action destiné à faire mouiller le pantalon des plus grands adeptes de la série et un peu nous plonger dans l’horreur de la guerre. Mais surtout, c’est ici que nous faisons connaissance du casting officiel de cette chaîne de chapitres. De Zussman, notre principal allié, à Stilles notre jeune fournisseur en grenades, tous pratiquement y passeront dans cette scène d’ouverture intégralement tournée en image synthèse, avant d’en oublier le propos au fur et à mesure que l’on progresse dans notre mission sauvetage.

 

En effet, si dès le départ l’équipe nous convainc du sujet abordé en nous faisans intervenir à tour de rôle nos personnages principaux, il en va sans dire que ce dernier se dilue un peu trop alors que nous parcourons la France. Composé que de courts chapitres peu nombreux, il était tout de même compliqué et audacieux de revenir sur les devants de la scène avec un scénario à la hauteur. Même si certains personnages se révèleront touchant de part les liens qui les unissent, on remarquera trop souvent qu’Activision mettra l’accent sur l’action à outrance en oubliant rapidement qu’on incarne de jeunes recrues essayant de s’unir pour rester un maximum en vie. Certes l’action c’est bien, mais n’oublions pas qu’ils racontent une histoire. Une histoire teintée d’explosions, de sang et d’un héro encore plus capable que ses supérieurs médaillés. Car à trop vouloir rendre le jeu fun, il en perd de sa crédibilité. Daniels se révèlera être un parfait bon soldat qui n’a rien à tirer des leçons de ses supérieurs et dont l’unique expérience qu’il tirera sera celle de son passé, véritable vrai-faux fil conducteur de ce mode histoire. De ce point, Activision en oublierait presque le véritable propos en oubliant complètement une partie du casting au profit d’autres personnages secondaires, tous aussi futiles les uns que les autres, puisqu’ils apparaîtront l’instant de quelques chapitres avant de disparaître à leur tour.

 

Pour ce qui sera de l’amusement, on remarquera très vite les limites imposées par l’éditeur même. On incarnes des bleus, on se retrouve au siècle précédent. Compliqué de lier tout ça sans rendre le jeu un tantinet barbant. En ayant déjà fait le choix de revenir à une période que l’on connaît maintenant déjà tous, il était très difficile de trouver un minimum d’innovation pour relancer la machine de l’intérêt. Nous connaissons déjà les vainqueurs, nous connaissons déjà les perdants. On connaît l’histoire par cœur, on nous l’a raconté mille fois auparavant. Le seul véritable renouveau fût donc nos jeunes héros dont leur histoire se perdra complètement au milieu de batailles expéditives, batailles qui seront pour la majorité, qu’une succession d’échange de mitraillettes entre tranchées et champs de batailles où l’unique but sera de repousser un maximum l’ennemi avant de passer à la mission suivante. En réalité, les quelques rares chapitres qui s’appliquent réellement seront celles dont l’essence sera l’infiltration, en quelque sorte, qui permettent au joueur de se poser un peu et de collecter infos et un minimum de récit.

À l’attaque des nazis

Autre point essentiel de la saga maintenant, c’est son multijoueur. Et pour le coup, il va certainement marquer les esprits d’une certaine manière. Revisitant officiellement le menu en adoptant cette fois pour un camp en temps réel à la troisième personne, Activision redéfini, ne serait-ce que pour le détail, sa manière de patienter dans son multijoueur. Et avouons-le, aussi simplet que cela puisse paraître, jusqu’à présent, ça fonctionne ! Impliquant de l’interaction entres les joueurs hors sessions et amenant de petits défis cachés complètement tirés par les cheveux à accomplir seul ou entre joueurs / amis, ce système nous fait entièrement oublier le classique menu jusqu’à présent utilisé, et y a pas photo, on préfère largement ce modèle de « menu », même s’il pourra dans le futur être mieux optimisé.

 

De ce camp alors, nous lançons notre recherche de partie dans le mode souhaité et nous nous occupons avec ce que proposent les pnj. On y trouvera essentiellement le courrier, où toutes les trois heures un corbeau nous rapportera 100 jeton online à dépenser dans des customisations, ou nous rapportera directement parfois, des objets de « collection » à équiper ou à faire porter sur notre personnage légèrement personnalisable. Nous y trouvons également une intendante chargée de nous vendre pour quelques jetons des défis multi à accomplir selon l’objectif proposé avec à l’issue de gourmandes récompenses. Un peu plus loin nous trouverons notre major, occupé à nous fournir, gratuitement cette fois-ci, des défis cumulables, dans un ordre de difficulté, afin de gagner des caisses de ravitaillements très souvent. Enfin en parcourant jusqu’au bout ce camp, vous trouverez des mini jeux à faire seul ou entre potes (ou pas) histoire de remporter des défis cachés (ou trophées) et pourquoi pas débloquer des emblèmes et cartes de visites.

 

C’est donc au bout de quelques longues minutes dans ce camp qu’on peut enfin commencer à jouer dans les différents modes de jeu proposés en cette période d’automne. On prépare notre notre classe, on choisi notre division, on vote pour la carte et c’est parti, on est lancé sur le champs de bataille pour vaincre les forces allemandes, forcément incarnées par l’équipe d’en face. Si on retrouve très rapidement ses marques (et qu’on a tendance à oublier qu’il n’y a plus ce satané jet-pack), on remarquera rapidement, alors qu’on progresse statistiquement, que le jeu ne propose en soit rien de très neuf et re-cuisine surtout du très vieux. Les armes manques cruellement de stats et se ressemblent quasi toutes. Les cartes quant à elles semble tout droit sortir des jeux précédents et surtout ne proposer que très peu de variété. Avec un siècle en arrière, on ne s’attendait pas à retrouver des buildings ou des cartes aux quatre coins du globe, mais certainement à mieux (ou plus au moins) que simplement des petits villages français en proie à la guerre avec pour seul détail propre à chaque map : la météo. Mais encore, s’il n’y avait que ça, on pourrait s’estimer heureux. Car un autre point essentiel est affecté dans ce multi et c’est le plaisir même d’y jouer. Collectionnant de très nombreux bug depuis son lancement (certainement corrigés dans le futur, espérons), le multi collectionne aussi les petits dérapages qui empêchent tout joueur de prétendre avoir du skill. Bien souvent les balles ne touchent pas la cible, la rendant temporairement immortelle et nous rendant nous visible par tous. Au sniper, viser la cible n’est plus nécessaire puisque la prise dégâts de l’arme possède une marge de quelques centimètres à l’écran rendant un tantinet cheat l’arme, déjà décriée par ses nombreuses victimes depuis quelques années. Enfin, si les cartes ne se renouvellent pas tellement les unes des autres, leur construction feront grincer certains des joueurs et en réjouiront d’autres : beaucoup sembles êtres dédiés aux snipers et campeurs de l’équipe, et beaucoup de joueurs ayant adopté cette façon de jouer, devinez quelles cartes sont choisies ? Navré pour vous !

Les vieux zombies

En revanche, si il y a bien point sur lequel on aura des difficultés à dire du mal sur ce jeu, c’est bien le célèbre mode survie, appelé le mode zombie, de World War 2. Mixant les touts premiers modèles de ce jeu aux derniers modèles de la saga, ce mode prend une ampleur encore jamais atteintes dans un mode alternatif. Nous jouons quatre nouveaux protagonistes, incarnés par des acteurs du moment, très charismatiques en proies à une horde de nazi-zombies, et si la difficulté semble s’être accrue au fil des années, loin de nous déplaire, l’épaisseur de ce mode aussi, et c’est là que c’est kiffant. Si bien évidemment vous pouvez joueur simplement à survivre parmi les monstres le plus de manches possibles, sachez que les secrets, de retours, n’apporteront pas juste du challenge et de la durée de vie, puisqu’ils comptent tous une histoire. En d’autres termes, le mode zombie est doté maintenant d’une sorte de campagne et d’un scénario à accomplir et suivre lors des nombreuses manches et pourquoi pas au fil des cartes ajoutées avec le season-pass. Marie, médecin, organise une mission « suicide » pour retrouver son frère Klaus disparu après avoir travaillé pour les expériences du macabre Docteur Straub. Voici le pitch classique de ce mode, mais dont le game-design qui en découle sera de qualité.

 

Car en effet, tout le charme opère de par les personnages qui correspondent parfaitement à l’époque en plus d’évoluer dans un décor dont l’ambiance qui y règne s’inspire très bonnement des films de monstres des années 80. La carte, la bande son, les répliques, les détails, les jumpscares, tout est fait pour vous immerger le temps de quelques parties dans un bon vieux film d’horreur qui ne vieillit jamais. Et avec la difficulté qui s’impose, notamment soulignée par des armes moins performantes qu’à l’accoutumé et des ennemis très rapidement nombreux (dont certains sont totalement inattendus), inutile de dire que toute l’essence de ce projet prend rapidement place. Et si jamais vous vous donnez l’objectif d’accomplir cette première branche de l’histoire, autant vous dire que vous vous réservez déjà quelques heures dans le noir (sérieux, qui joue à un jeu horrifique en plein jour ?!) confortablement assis devant l’écran !

 

Pour les hardcores gamer et les plus endurci de tous, les joueurs auront, après avoir exploré tout les embranchements possible de ce jeu, quelques défis supplémentaires, bien que non nécessaire pour s’amuser, et pour le coup, ils auront de quoi faire. S’il est bien possible de débloquer des caisses de ravitaillements ou encore des consommables et capacités en mode zombie, Sledgehammer aura introduit également des personnages à débloquer ainsi qu’une carte. En plus que le geste soit sympathique pour nous, on peut affirmer qu’à défaut de nous les faire payer, on devra surtout user de nos doigts et de notre temps pour parvenir à venir à bout de l’énorme challenge que nous réserve ces choses à débloquer. En effet, pour nous occuper encore plus, ces personnages se débloqueront à l’issue de 5 défis chacun (et tous différents) chaque fois plus difficile, peut-être parfois même un peu trop compliqué pour certains qui se verront découragés.

 

En conclusion

6/10
Pour

- Un propos de base innovant...
- Une bande son épique
- Techniquement propre...
- Le camp en mode multijoueur
- Le mode zombie monstrueux
- L'énorme contenu

Contre

- ...mais un scénario rapidement oublié
- ...mais un gameplay aux oubliettes
- Des bugs qui s'accumulent
- Le coup de vieux du multijoueur

Comme prévu, la publicité avec le retour à la seconde guerre mondiale ne représentait qu'une partie du décor. Bien loin d'être complètement mauvais, cet épisode de la saga montre cependant très rapidement ses limites et multiplies des choix parfois douteux pour la communauté. Ce mode zombie en revanche semble être l'une des meilleures conceptions du mode à ce jour, si ce n'est pas la meilleure dans l'histoire de la licence, histoire de sauver les restes.