Alors qu’il y a une année les studios Guérilla Games de Sony nous gâtaient de l’aesthetic Horizon : Zero Dawn, voici que depuis novembre traîne en magasin et sur le store son extension baptisée The Frozen Wilds. Prenant place juste après le périple d’Aloy, déjà grandiose à souhait, le DLC plongera cette dernière dans les contrées perdues des Banuks, clan vivant dans les hautes montagnes enneigées et surtout sauvages. Si le jeu nous faisait découvrir tout un univers fictif pleins de surprises et de drames écologiques, que vaut ce récit paraissant moins engagé ?

Un post-aventure

Alors qu’Aloy fini par chasser aussi bien ses démons actuels que ses démons liés au passé, la voilà tout à coup plongé dans une nouvelle enquête temporelle. En rejoignant les vastes montagnes parsemées de villages banuks, Aloy se voit contrainte de devoir percer à jour, en bonne samaritaine, un nouveau mystère, parfois plus hostile que son aventure précédente. Si ce périple s’avère être effectivement plus court et ressemble à une longue quête annexe, qu’on se rassure, l’équipe en charge de ce DLC a mis le paquet. Et ce à tout les niveaux.

Une chasse grandeur montagnes

Qu’on se le dise, le scénario, bien que profond de par ses textes audios et écrits, reste assez convenu et un poil similaire aux quêtes données par les creusets de la première aventure. En arrivant dans cette nouvelle partie de la carte, vous serez lancé à la chasse aux monstres robotiques afin de comprendre et défaire le maléfice les rendant de nouveaux (ultra) hostile. Aloy, qui semble toujours en quêtes de réponses et de trouvailles sur les générations passées, croisera finalement la route d’un campement banuk en proie au déclin suite au réveil d’un mystérieux volcan et de son monstre y habitant. Ni une ni deux, car il en faudra très peu pour convaincre notre héroïne de venir en aide à son prochain, que vous voilà déjà à arpenter les falaises et plateaux enneigés afin d’élucider ce mystérieux éveil. Si au début la passion reviendra facilement grâce au monde à la fois féerique et apocalyptique, le joueur va vite se retrouver dans un petit cercle tournant très peu autour de l’exploration et surtout autour d’affrontement très souvent corsés, frôlant parfois même le die&retry pour certains. La zone, bien que suffisante, joue énormément sur les hauteurs, follement vertigineuse parfois, ce qui peut sembler la rétrécir et entacher le côté exploration du lore. Les quêtes principales vous suffiront même finalement à tout visiter là où dans le jeu principal malgré les nombreuses quêtes, il restait tout un tas de zones d’ombre à découvrir et même farmer. De ce fait, le joueur pourra vite avoir l’impression de tourner en rond et faire de très longues escalades pour de maigres lots de consolations. Et c’est dommage quand on s’aperçoit de tout le potentiel pourtant palpable, aussi bien au niveau de la flore que du lore, emporté par des envies de spectaculaires. En clair, avant le dernier rush qui sera un réel parcours de survie comprenant son lot de révélations, cette aventure vous contentera de découvrir vos quelques nouveaux ennemi, apprendre comment en venir à bout et les tuer.

Un monde certes démystifié

Et comme on pouvait s’y attendre, avec les déjà gros plot-twist que nous offrait l’aventure numéro 1, l’univers d’Horizon et son aura de mystère s’évaporent peu à peu. Finalement, le réel enjeu de ce DLC résidera dans la découverte de comment l’homme est revenu à un mode aussi ancestral que celui des banuks et accessoirement déterrer de nouvelles machines capables de détruire partiellement une zone des êtres vivants à l’instar de notre bonne vielle secte précédente. Et c’est ici que le DLC déçoit un peu.

Effectivement, même si l’histoire reste tout à fait plaisante à jouer, on remarquera un cruel manque d’impact dû à des personnages secondaires aux abonnés absents qui pourtant lancent Aloy dans un parcours initiatique chez les banuks mais où elle devra finalement se contenter de pauvres phrases parfois creusent qui n’épaissiront que très peu le background des civilisations ou encore des mythes. Étonnant quand on rencontre certaines figurent au caractère à la fois philosophique et spirituel qui auraient largement pu plus contribuer à la narration. En quelques sortes, le scénario ainsi que le script resteront souvent un poil trop évasif sur le concept présenté pourtant comme le mythe de cette petite épopée et se contenteront de nous guider aux quatre coins surélevés de la carte afin de calmer le volcan mais surtout la bête qui s’y réveil.

Un monde deux fois plus hostiles

Là où le jeu commence à réellement marquer des points cependant c’est au niveau du système de combat. Bien que plongé dans un action-rpg moderne à la troisième personne, ce qui lui donne du caractère c’est la nervosité des combats. Avec une première aventure qui faisait preuve d’une importante maîtrise sur le rapport de force et de faiblesse entre les êtres humains et les robots ainsi que l’incroyable intelligence artificielle dont pouvaient faire les machines, ici les studios ont carrément remis le système à jour et envoient du lourd. Les quelques nouvelles machines, au niveau plus élevé qu’un Gueule d’Orage ou qu’un Oiseau Tempête, font preuves d’un dynamisme de mouvement époustouflant rendant les combats forcément épiques. Mais comme les nouvelles machines sont peu nombreuses, Guerilla a su trouver un moyen de rendre également encore plus féroces nos bons vieux robots.

En effet, exit les Long-Cou et place aux Tours de Contrôles, première machine illustrant une plante et piratant les robots pour les rendre plus violent (et bien plus encore). De ce fait, vous pouvez dors et déjà dire adieu à vos talents de survivants pourtant acquis lors du jeu original, car ici vous devrez tout réapprendre. Les machines étant toutes entièrement revisitées de par ce nouveau maléfice, agiront comme de tout nouveaux ennemis, tant leur hostilité sera poussée à leur paroxysme. Et cela pour le meilleur… comme pour le pire. Si l’esthétisme, les chorégraphies, le dynamisme ou encore le spectaculaire des affrontements enchantent forcément, la difficulté de certains parfois frôleront l’arrachage de cheveux tant ils pourraient paraitre insurmontable. Entre gros dégâts (voir oneshot) et attaques sans aucunes pauses à gogo, vous vous retrouverez sans doute au moins quelques fois à devoir répéter le même combat tant les monstres de d’acier n’auront aucun mal à tuer Aloy.

Un gameplay convenu mais étoffé

Si effectivement Horizon ne brillait pas et ne brille toujours pas par un gameplay hautement original et se contente de mettre à disposition des éléments plutôt communs à notre génération vidéoludique, on ne peut pas nier toutefois qu’il le fait respectablement bien. À la fois entre le RPG et le jeu d’action-aventure, Zero Dawn comme Frozen Wilds se joue de manière simple et propose des capacités et habiletés logique au monde dans lequel Aloy évolue et quelque part c’est pas plus mal tant le mariage entre l’univers et la jouabilité convient parfaitement. Pas de sur-gameplay inutile où le joueur en masse ne pourra jamais vraiment tâter de la totalité de ce dernier puisqu’uniquement là pour engrosser le paquet cadeau à l’instar de certains jeux actuels. Non, ici tout ce qui est proposé sera réellement utilisable et servira pour de vrai comme moteur et outil dans la progression dans votre aventure.

D’ailleurs, qui dit nouvelle aventure, dit quelque part nouvelles features. Et pour le cas Horizon, c’est vrai. En effet, pour pouvoir mettre toutes ses chances de son côté afin de survivre au grand froid (et autres atrocités), Guerilla Games nous aura gâté de 10 niveaux supplémentaires (histoire de pouvoir avoir une infime chance de venir à bout des nouvelles machines) ainsi que d’une nouvelle branche à l’arbre de compétences ajoutant quelques habiletés en plus comme par exemple, et il était temps, de pouvoir utiliser du matériel pour réparer nos bonnes vieilles montures mécaniques. Du côté des casses-têtes et puzzle, on en retrouvera quelques-uns par-ci par-là, rien d’insurmontable toutefois, mais la réflexion sera bel et bien de mise. Enfin, de nouveaux collectibles sont à trouver et bien-sûr toujours sans aides à moins de payer le prix (très fort) !

L’un des plus beaux sens de l’esthétique

En revanche s’il y a bien un point sur lequel le jeu ne décevra pas, et mettra certainement tout le monde d’accord, c’est la merveille des décors. Déjà largement sublimé avec le premier rush, la collision entre le monde des machines et le monde sauvage et primitif sera encore une fois à l’honneur dans cette aventure sous-jacente de par la rupture parfaitement maîtrisées de ces deux styles ambitieux et surtout d’un sens de l’art visuel prouvé à plusieurs reprises grâce à un visuel coloré et des plans subjuguants, le tout évidemment souligné par des graphismes à la pointe et une framerate constante qui ne laisse à aucun moment surgir de petits ralentissements. À la limite, et si l’on veut vraiment chercher la petite bête, on pourra reprocher à cette zone d’être souvent trop victime de tempêtes de neiges, camouflant ainsi beaucoup la zone et rendant certaines scènes moins lisibles que les autres. Mais bon, Horizon, on te pardonne !

Bonus : le plein de screeshots

En conclusion

8/10
Pour
  • - Techniquement impeccable
  • - Des combats intégralement nerveux
  • - Les chorégraphies des affrontements
  • - Aloy toujours intéressante
  • - La recherche et l'exploration sans guide
  • - Bande sonore enivrante
  • - Les nouvelles features
  • - La découverte du monde Banuk
  • - L'opposition philosophie / spiritualité
  • - Les liens avec notre société
Contre
  • - Des combats parfois trop déséquilibrés
  • - Des personnages trop absents
  • - Les longues tempêtes de neige
  • - La région trop montagneuse

En définitif, The Frozen Wilds, à l'instar de son ainé, reste un produit de qualité fidèle à l'histoire tout en se permettant de traiter un autre sujet en attendant la probable suite. Malgré quelques petits défauts, ces derniers ne viendront jamais réellement entacher le run du joueur, tant les points forts prendront toujours le dessus. Un DLC à vivre tout comme le véritable jeu si vous êtes à la fois un fan de science-fiction et d'héroic fantasy.